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Conatus

Machiavel et le prince Hongrois

19 Septembre 2006, 20:24pm

Publié par Schneckenburger

Il est toujours délicat de se pronnoncer à distance sur la situation politique d'un pays qu'on ne connaît pas.
Pourtant les événements de la nuit passée en Hongrie évoquent indubitablement Machiavel : en avouant publiquement qu'il avait sciemment menti, le premier ministre Hongrois a commis une erreur sans doute irréparable.

En effet, le philosophe florentin, en écrivant Le Prince, publié en 1532, affirmait que l'art politique reposait sur la faculté de feindre des croyance sans s'y tenir.

Autrement dit, le premier ministre Ferenc Gyurcsany pouvait bien mentir, à une seule condition, ne pas se faire prendre.  Car pour le politique, il importe moins de s'accrocher à ses convictions que de se maintenir au pouvoir : "il est souvent pour maintenir ses Etats d'agir contre sa parole", écrivait Machiavel dans le chapitre XVIII.

"Qu'un Prince donc se propose pour but de vaincre, et de maintenir l'Etat : les moyens seront toujours estimés honorables et loués de chacun" ajoute-t-il. Ainsi le Prince doit-il agir par ruse, et s'il se fait Renard pour se maintenir au pouvoir, s'il ment pour y parvenir, peu importe, à l'unique condition toutefois poursuit Machiavel, "qu'on se doit d'être haï et méprisé" (chapitre XIX). Ainsi le premier ministre Hongrois a-t-il commis l'erreur non de mentir mais d'avouer son mensonge.

Peut-être l'a-t-il fait par conviction. Mais c'est alors aux yeux du florentin pire encore, car il met en péril la sûreté de l'Etat. Puisse qu'au Prince défaillant le peuple réponde. Que ce soit l'extrême droite qui semble aujourd'hui tirer profit de cette erreur ne laisse cependant peu d'espoir.

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